lundi 28 novembre 2016

Bilan 2016 des expérimentations au potager



Drôle d’année météo que cette année : un hiver très doux avec une ou deux gelées seulement, suivi d’un printemps froid et d’une fin de printemps apocalyptique ; avec ici dans le Loiret, des inondations comme nous n’en avions jamais connues.

Alors que fin juin j’essayais de positiver en me disant que cette année au moins les plantes ne manqueraient pas d’eau ; juillet, août et même septembre ont été des mois caniculaires et secs.

Malgré ces conditions climatiques difficiles le potager a tout de même fourni de belles récoltes.


Nous avons doublé notre capacité de stockage d’eau de pluie avec l’installation d’une deuxième cuve de 1000 litres, permettant 3 semaines d’autonomie.
Pourtant ponctuellement nous avons dû arroser avec l’eau du réseau d’eau potable lorsque celles-ci ont été à sec. 
Contrairement à l’année dernière nous avons choisi de ne pas sacrifier le potager.



Nous avions également testé au printemps un nouveau type de bordures en plastique recyclé en espérant réduire le temps consacré au désherbage lire l'article tous au potager. Cet essai a été un succès complet. Associé avec un paillage permanent (mulch de pelouse), je n’ai jamais eu à désherber. Le liseron déjà en place dans la parcelle a repoussé mais de manière très faible, quelques pissenlits s’y sont invités et un peu de mouron mais rien d’important. Le chiendent, les renoncules rampantes et les potentilles rampantes n’ont pas réussi à franchir la barrière de la bordure.

les planches du potager au mois de septembre, le mulch de pelouse empèche les herbes de pousser
et permettent de diminuer l'arrosage

Reste à résoudre le problème de l’arrosage… Pour l’instant la réflexion n’a pas avancé sur ce sujet. Je suis donc toujours contrainte d’utiliser l’arrosoir et d’y consacrer de longs moments.

Concernant les expérimentations menées sur les légumes cette année :

Le printemps avec sa météo froide et humide n’a pas été propice aux semis. Même ceux effectués sous châssis ont eu du mal à germer ou se sont fait dévorer par les limaces. Car cette année c’était leur année… Sous la pluie battante les granulés de ferramol que j’épandais à l’habitude se sont montrés complètement inefficaces car ils fondaient très rapidement.


piège à limaces dans les fraisiers elles ont aussi mangé nos fraises!
Il a fallu trouver autre chose et les bouteilles plastiques de 5 litres d’eau se sont révélées précieuses.
Plutôt que de les jeter, j’ai découpé leurs fonds afin de fabriquer des pièges à bière.
Un fonds en guise de coupelle et un second dessus avec de petites ouvertures triangulaires découpées aux ciseaux.
 A l’intérieur de la bière, pour lester le tout une pierre. Le piège est posé au milieu des cultures.




les limaces grises et noires piègées à l'intérieur
Et ça marche !!! une vingtaine de limaces par piège dès le premier soir. C’est super efficace par temps froid et pluvieux.
Par contre, dès qu’il fait beau la bière fermente, il faut mieux recourir au ferramol.
J’ai renouvelé l’opération « fête de la bière » fin octobre, ça évitera d’en avoir trop de ces maudits gastéropodes au printemps.





Le reste des bouteilles de 5 l sans fonds a servi de protection pour mes plants de tomates pendant la période froide et humide du printemps. Quelques semaines plus tard je les ai ôtées, retournées; enfoncé le goulot dans le sol et elles sont devenues des réserves d’eau très pratique pour l’arrosage estival…

au mois de juin les bouteilles d'eau servent de protections aux tomates

quelques semaines plus tard retournées elles permettent à l'eau de descendre doucement dans la terre


semis des petits pois : levée en masse dans les jardinères
puis transplantation au jardin lorsque les radicelles sont encore
 blanches, enfin mes petites aides entrain de butter les petits pois 
Cette année j’ai aussi testé avec succès une nouvelle méthode de semis pour les petits pois. Avant ils se faisaient dévorer tout juste levés.
Cette fois, je les ai semés dans des jardinières de terreau posées sur la lasagne de la cour et sous tunnel pour accélérer la germination.
Je les ai ensuite repiqués au jardin.

La variété qui a le mieux supporté la chaleur et eu les meilleurs rendements est le pois capucine ou « blauwschokker » aux jolies fleurs et gousses violettes.

haricots rame mangetout
J’ai également essayé au jardin les haricots rames mangetout violet « mélissa » à la levée bien meilleure que les haricots verts nains qui malgré trois essais successifs n’ont pas germé.

Ils les remplaceront totalement l’année prochaine.





Voici venu pour moi le temps du repos, même s’il reste encore quelques légumes (radis noirs ronds, laitues d’hiver, poireau perpétuel et mâche) les carrés sont couverts de mulch de feuilles et de pelouse en attendant le printemps. Je laisse travailler mes copains les vers de terre…



vendredi 18 novembre 2016

Derniers feux


Jour après jour le jardin se dénude.
Je le trouve encore beau, scintillant de mille feux sous le ciel gris et menaçant.
J’aime cette fin de saison empreinte de mélancolie.



C’est comme si un cycle se terminait dans un grand brasier.
Nous sommes à ce moment charnière, à cet instant magique ou tout s’est consumé. Il n’y a plus de flammes. Les braises brulantes rougeoient encore dans la cendre grise. Bientôt tout va s’éteindre, mais pas encore…

Il est comme ça mon jardin en ce moment : il brille de ses derniers feux.
























samedi 12 novembre 2016

Le sentier aux bassines (le bois jardiné 2)


Il y a quelques mois suite à l’été sec et caniculaire dans l’article les championnes du régime sans eau  (voir l'article en question)  j’avais dressé le bilan des plantes résistantes ou non à la sécheresse.

Mes hortensias macrophylla et serrata faisaient partie des mauvais élèves et lasse de les arroser sans cesse, j’avais envisagé leur déplacement à l’ombre, installés dans de grandes bassines en acier galvanisé percées à 5 cm du fonds afin de constituer une réserve d’eau.


L’endroit choisi est en lisière du bois sous les lilas, au milieu du lierre qui sert de couvre sol et qui donne à l’endroit un je ne sais quoi de mélancolique et d’abandonné.

Cet espace lorsque nous sommes arrivés, il y a huit ans, était une sorte de fourré rempli de lilas et de seringats moribonds colonisés par le lierre et la vigne vierge et étouffés par un gros buisson de mahonias. 

début 2009 derrière la cabane, les deux bouleaux couverts de lierre
marquent l'entrée de la clairière qui était alors un taillis épais 
Nous avons dégagés les arbustes encore viables, éradiqué la vigne vierge et réduit les mahonias à quelques touffes de taille raisonnable.

au printemps 2016 un endroit sans intérêt

en octobre le massif terminé, le feuillage rouge de l'euonymus planipes capte le regard
Cela a abouti à la création d’une petite clairière derrière les seringats, un cul de sac resté pendant plusieurs années inexploité. 

au printemps 2016 la clairière
Jusqu’à l’année dernière, où Gilles avec la tondeuse a tracé dans le lierre, entre les lilas, un sentier. Du coup, l’espace que nous n’utilisions pas devient un lieu de promenade vers le massif des abeilles.

les sentiers tracés par Gilles dans le lierre
La semaine dernière je vous présentais mon idée de bois jardiné (lien vers l'article en cliquant ici), en voici donc une première illustration. 

A l’orée de notre bois, à l’ombre des bouleaux et d’un conifère,  j’ai ajouté quelques arbustes pour encadrer le sentier sur un des côtés. 

le bois au printemps avant la création à droite du nouveau massif
le même endroit après les plantations et l'installation des bassines

dans l'autre sens, en remontant vers la maison, le massif des bassines se situera sur la gauche

la même vue au cadrage plus serré,
la terre noire provient des mauvaises herbes laissées à composter
 enfermées dans des sacs pendant une année et épendues au sol

De l’autre côté, la bouillée de lilas fatiguée, a été rajeunie. Taillée cet été en transparence afin de dégager les troncs, évidée en son centre, elle s’est métamorphosée en un rideau de tiges. 

les lilas taillés en transparence se transforment en un léger rideau 
De part et d’autre du sentier, les bassines plantées d’hortensias et de vivaces d’ombre, anémones, rodgersias et cimicifugas (également en pleine souffrance cet été) émergent d’entre les verticales et ponctuent la promenade.

début de l'installation des bassines

de l'autre côté

le clethra barbinervis dans son feuillage d'automne

début du sauvetage des hortensias survivants

heucherella buttered rum pour poursuivre dans les tons caramels

betula nana "golden treasure" au lumineux feuillage ne dépassera pas un mètre

ligustrum ibota musli "muster" au feuillage persistant panaché
tranchera sur le lierre qui va revenir coloniser l'espace alentour 

Il me reste encore des bassines en stock. Si ça fonctionne bien je pourrai installer au milieu de mes lilas des hydrangea aspéra dont je rêve depuis si longtemps...

avec un rayon de soleil tout s'illumine
Bien sûr tout cela est minuscule et appelé à grandir dans les années qui viennent. 



les fruits de l'euonymus planipes, arbuste phare de ce nouveau massif