vendredi 10 mars 2017

La technique de l’arcure.


Au jardin, un de mes rosiers n’est pas taillé comme les autres, pour lui j’utilise une technique particulière qui s’appelle l’arcure.

Il y a quelques années de ça alors que je cherchais le rosier-mouton à cinq pattes : violacé, remontant, parfumé, grand mais pas trop encombrant, pour animer un fond de massif; Francia Thauvin ma rosiériste, me fit cette proposition étrange : planter « Reine des Violettes ». Devant mon œil interrogateur, c’était un petit grimpant tout de même, elle me suggéra d’utiliser l’arcure pour le conduire. L’idée me plut et voilà que depuis j’utilise cette technique pour lui.

le matériel nécessaire : un sécateur, des sardines et une bobine de liens
Qu’est-ce que l’arcure ?

Au départ ce terme désigne le fait de courber une tige, un branche ou un sarment de vigne afin d’obtenir plus de fruits.

C’est ce que l’on fait lorsque l’on palisse à l’horizontale les branches des rosiers.

Chez nous je me sers de l’arcure pour conduire un grimpant en buisson.

L’avantage c’est qu’on a besoin de peu de choses : pas besoin d’attendre que votre mari vous installe des fils le long du mur par exemple…

Un sécateur, une bobine de liens et quelques sardines suffisent.





Tout d’abord je repère les tiges que je vais utiliser : jeunes de préférence car il faut qu’elles puissent se courber facilement ; et bien réparties sur l’ensemble du rosier.

"Reine des violettes" avanrt de commencer; notez les branches anciennes arquées
et les nouvelles pousses toutes droites
J’élimine le reste : celles que j’ai utilisées l’année passée, ou celles d’avant et qui désormais trop faibles ne produiront plus beaucoup de fleurs ; ou encore les tiges trop petites ou en surnombre.

la base du rosier après éliminations des tiges trop anciennes ou en surnombre
Puis je prends une à une les tiges sélectionnées et j’attache leur extrémité à une sardine plantée au sol.

allez on commence! j'essaie de courber le première tige
Si la tige est plus ancienne et plus difficile à plier j’en utilise une seconde pour courber le début de la tige souvent plus raide.

la base est plus ancienne, je rajoute donc une sardine pour la courber
les sardines et les liens seront vite masqués par la végétation

encore un

le dernier!
« J’éboute » (je coupe le bout de la tige) et c’est terminé.

je coupe les extrémités trop longues et c'est fini!
L'avantage de cette technique c’est que grâce à l’arcure on obtient des boutons floraux très nombreux à chaque œil du rosier. C'est donc du plus bel effet avec des cordons de roses violettes venant fleurir entre les autres variétés de roses.

"Reine des violettes" en avril 2016, les 4 branches arquées ont émises de nombreux bourgeons 

quelques mois plus tard début juin 2016, plus d'une centaine de boutons se sont développés

De plus, le rosier ainsi conduit prend peu de place, idéal si on a un petit jardin et pas forcément de mur pour palisser ou si les acrobaties à l’échelle ne sont pas notre spécialité. Enfin pour tous ceux que la taille à trois yeux rebute, la technique se passe quasiment de taille puisqu’on sélectionne principalement les tiges de l’été passé qui n’ont pas encore émis de départ secondaires. Tout le reste est éliminé. 

non je ne fais pas la tête, il pleut et il fait froid...
ce cliché pour vous montrer les longues tiges souples

Il faut toutefois veiller à sélectionner des rosiers qui aient des tiges longues et assez souples, mais pas trop.






















Pour des grimpants de petite envergure, « Reine des violettes », « Coupe d’Hébé » sont les candidats idéals. « Neige d’avril » dans la catégorie des lianes me semble aussi pouvoir se prêter à cette technique mais il prendra forcément beaucoup plus de place.


vendredi 3 mars 2017

les grues cendrées sont de passage


Ce soir vers 18h30 j'ai entendu leurs appels dans le lointain.
J'ai couru chercher l'appareil photo et j'ai mitraillé. Je m'excuse pour la qualité des clichés car trop pressées, elles n'ont pas pris le temps de la pose...

Un premier groupe d'une cinquantaine de grues cendrées sont passées au dessus de la maison, remontant vers le nord.


Cinq minutes plus tard un autre groupe l'a suivi, plus nombreux celui-ci, avec une centaine d'oiseaux.



Les grues quittent leurs sites d'hivernage du sud de l'Europe et du nord du Maghreb pour retourner vers la Scandinavie et les pays de la Baltique où elles passeront l'été.


Déjà en 2015 j'avais pu les prendre en photo, lire l'article de 2015

J'aime observer le survol de ces annonciatrices du printemps. A quand les hirondelles?




vendredi 10 février 2017

Le retour des tritons...


Nous ne les avions pas vus depuis plus d’un an (voir l'article sur la salamandre et le triton). La cave était à sec cet hiver car il y a eu peu de précipitations ces derniers mois. Il a suffi des dernières pluies pour qu’ils se montrent. Nos tritons sont réapparus cette semaine.

J’aime bien croiser ces curieux et placides visiteurs.

A notre arrivée dans la maison nous avions planifié de canaliser les eaux pluviales issues des gouttières.


Puis nous nous sommes ravisés, pourquoi bouleverser l’écoulement  séculaire des eaux souterraines ?


La stabilité de notre maison aurait pu s’en trouver compromise. Finalement nous avons préféré une solution bien plus simple : le rachat d’une pompe juste pour éviter que la cave inonde.

Moi, ça m’arrangeais, je répugnais à toucher à la haie de buis qui court le long de la maison.

Gilles y a également trouvé son compte : un travail pénible en moins.



Au fil des ans, nous nous sommes rendu compte que notre cave était un refuge pour les amphibiens car en plus des tritons nous y rencontrons également des salamandres et des crapauds. Les travaux que nous projetions auraient eu pour conséquence l’asséchement de la cave et la disparition d’un sanctuaire pour nos protégés.

Comme quoi parfois ne rien faire c’est essentiel…


dimanche 5 février 2017

Les elaeagnus ebbingei


J’avoue je ne les aime pas, j’en vois partout dans les haies, taillés au carré et je les trouve tellement laids et communs…

Pourtant je viens d’en planter quatre et je vais même en acheter un cinquième…
Alors pourquoi ce revirement ?

En fait ces arbustes n’ont que des qualités :

Tout d’abord ce sont des persistants, plantés au nord ils vont filtrer le vent et protéger le verger. Les oiseaux s’y réfugieront.

Ensuite ils résistent à tout (on les recommande pour les bords de mer car ils supportent les embruns) et se contentent d’un sol médiocre.

Le noyer, pas très en forme depuis quelques années, atteint
par la maladie de l'encre et les eleagnus fraichement plantés
Plantés à proximité du noyer, là où rien ne pousse, j’espère qu’ils résisteront à la juglone cette toxine synthétisée par les racines et les feuilles du noyer, provoquant la mort des autres végétaux à proximité.

Ils sont mellifères et délicieusement parfumés, leur floraison automnale est précieuse pour les abeilles.

Leurs fruits sont comestibles.

Ce sont des plantes fixatrices d’azote. 

En effet certaines plantes ont la particularité de fixer l’azote atmosphérique grâce à la symbiose avec des bactéries présentent dans leurs racines. Ce sont les fameuses nodosités. Cet azote est rendu ensuite disponible à la mort de la plante ou suite à une taille. 
C’est ce que je fais au potager lorsque je coupe les tiges des haricots verts au lieu de les arracher. Les nodosités libèrent l’azote pour les futures cultures donc pas besoin d’engrais. Toutes les Fabacées (comme le trèfle, la glycine, les robiniers-faux acacias, les lupins) sont des plantes fixatrices d’azote. 
Les elaeagnus ebbingei bien que n’appartenant pas à cette famille (ce sont des Elaéagnacées), ont également cette propriété. 
J’ai lu sur le net qu’associés aux noyers ils pouvaient augmenter leurs récoltes de 30%. 
A voir…


Alors devant tant d’arguments qui plaident en leur faveur, j’ai accepté leur venue au jardin. Plantés tout au fond, le long du champ, ils ne heurteront pas mon œil d’esthète car je continue à les trouver hideux. Enfin…Il faut de tout pour faire un monde…végétal.

Deux genêts de tenturiers (genista tinctoria 'Porlok') semi-persistants
ont également été plantés près des caragagnas arborescens,
deux autres Fabacées fixatirces d'azote 

samedi 7 janvier 2017

Rétrospective 2016


Entrez...
Il gèle à pierre fendre en ce moment. 
Il m’est impossible de travailler dehors. Alors, au coin du poêle, je profite de ce repos forcé pour dresser le bilan de cette année 2016. 
L’occasion aussi de regarder les milliers de photographies que nous avons prises et de vous montrer celles que nous avons le plus aimées. 


Malgré la météo calamiteuse nous avons eu de superbes floraisons. Les rosiers et les vivaces ont dansé ensemble un pas de deux parfaitement exécuté. 










Albertine la très belle prend son envol












Dans la cour, les aménagements se poursuivent. Les massifs sont embellis d’un contour en brique afin d’avoir des bords bien nets. Au centre du grand parterre qui s’étire tout le long de la maison, Gilles aidé des filles, a posé le dallage en tommette qui entoure le massif blanc. 
Effet immédiat garanti. 

début avril le massif blanc avant le début des travaux

la dream team...

en juillet tout est terminé
L’installation des vivaces s’est poursuivie et les rosiers auparavant un peu esseulés se sont trouvés en charmante compagnie. J’ai découvert les très belles floraisons des véroniques, des véronicastrum et de la vernonia crinata. Les sanguisorbes et les asters déjà présents ont vu de petits nouveaux arriver. Les hélicrisum italicum ont explosé cet été, tellement à l’aise avec le temps sec et chaud qu’ils ont doublé de volume, créant une tache argenté du plus bel effet.

 fin avril les tulipes illuminent le massif encore nu

le même massif début juillet et l'exubérance des floraisons

la cour en plein chantier mi-mars

le massif de la lasagne (situé à droite sur la photo précédente) quelques mois plus tard


la beauté des épis bleus des véroniques et des véronicastrum

Mais il n’y a pas que la cour, le sauvage toujours présent nous a régalé de jolies scénettes éphémères.




Une réflexion s’est ouverte sur la gestion et la direction à donner à la partie boisée et de nouvelles idées ont commencé à être mise en œuvre.


création du sentier aux bassines à l'automne
Et que va nous réserver 2017 ?
Une chose est sûre nous avons encore plein de projets : deux nouveaux massifs vont être créés et dans la cour nous allons commencer la dernière lasagne…

Et puis… j’espère encore plein de merveilleuses rencontres avec vous ami(e)s jardinier(es), avec des pépiniéristes passionnés et aussi des coups de cœur en pagaille pour des jardins et des plantes.

Bref folie, amour et déraison… tels sont mes vœux pour cette nouvelle année et ce que je vous souhaite à tous.

lever de soleil hivernal