mardi 30 décembre 2014

Le Jardin des mille temps


Pourquoi ce titre ?


J’ai longtemps cherché quel nom donner à mon jardin : un nom de lieu? déjà pris par un autre jardin, un nom de fleur ? comme "jardin des roses", mais je le trouve réducteur et trop commun ; mon prénom? un peu prétentieux,  car même si je jardine seule, ce jardin est conçu à plusieurs, avec mon mari tout d’abord, mes filles parfois, mon beau père qui nous aide pour les gros chantiers et enfin la nature qui finit par toujours avoir le dernier mot et qui m’oblige parfois à revoir ma copie.

Alors je me suis souvenue de cette interview de Pascal Cribier qui parlait de ce moment de grâce que pouvait être la conjonction des différents temps du jardin.

Mon jardin s’appellera donc le "jardin des mille temps" parce qu’à mes yeux il y a de multiples références au temps : le temps des arbres, si lents à pousser. Celui des rosiers qui deviennent vraiment beaux dans leur quatrième année, celui des vivaces et des annuelles plus court.
Le temps qu’il fait, la pluie, la neige, le vent, le soleil.
Le temps qui passe, le rythme immuable des saisons.
Le temps du passé également. Cette enfance merveilleuse passée auprès mes grands-parents. Ce sont eux qui m’ont insufflé cette passion du jardinage.  Lorsque je suis au potager c’est à mon grand-père que je pense et devant une pivoine, à ma chère grand-mère.
Ce temps passé est réel, puisé dans mes souvenirs, ou réinventé : mes rêves, mes références à cet autrefois, à ce temps merveilleux qui n’a jamais sans doute existé.
Enfin il y a le temps du futur. Je jardine avec mes filles de 7 et 4 ans, j’essaie de leur transmettre mon amour de la nature et du végétal. De l’émerveillement et de la connaissance nait le respect. Voilà des années que j’ai banni pesticides et engrais, mais ce que je faisais auparavant par simple conviction, a pris avec elles un autre sens : ne pas dégrader la terre pour les générations futures.

Pour conclure le "jardin des mille temps" ça sonne comme "la valse à mille temps". Juste un clin d’œil à Jacques Brel, ce grand monsieur qui savait si bien décrire le dérisoire, la dérision, qui aimait les lilas et dont les chansons m’ont fait rire ou pleurer ou les deux à la fois.

Décembre 2014