samedi 29 août 2015

La fin d’une espèce invasive : les ailantes

A notre arrivée le terrain colonisé sur la gauche par les ailantes

ailante dans une friche  près d'une gare

En emménageant dans notre maison nous avons découvert cet arbre que nous ne connaissions pas.

Sur toute une partie du terrain il en poussait bien une vingtaine. Les « ailantes » ou « faux vernis du japon » (Ailanthus altissima de leur nom latin) sont des arbres malheureusement toujours vendus en pépinière, qui poussent à une vitesse effarante environ un mètre cinquante par an. Ils peuvent atteindre 15 mètres en 25 ans. 
De plus ils drageonnent et se ressèment abondamment. Cela peut être une vraie plaie. Ils peuvent être qualifiés d’invasifs d’autant plus qu’ils produisent une substance chimique qui gêne la croissance des autres plantes poussant à proximité.
détail du feuillage



Les fleurs qu’ils produisent sentent mauvais, leur pollen peut être allergisant. Le bois qu’il produit est tellement mauvais qu’il est capable de vous éteindre un feu (on a essayé d’en brûler dans notre poêle à bois…) 
Bref tout pour plaire ! 

Lorsqu’on apprend à les identifier on se rend compte qu’il y en a partout : le long des routes, près des gares, dans les friches…





ce jeune ailante a poussé le long du mur
d'une gare désaffectée
Nous avons commencé à abattre les premiers il y a six ans et à dessoucher tous ceux que nous pouvions au tracteur ou à la mini pelle. Pour le plus gros avec un tronc d’environ 65 cm, accolé à un marronnier que nous voulions conserver; nous avons utilisé une rogneuse de souche pour réduire le pied sur une soixantaine de centimètres de profondeur. 

Parallèlement à cela, chaque année, entre le 15 juillet et le 15 août armés d’une pioche ou à main nue nous parcourrions le terrain à la recherche des rejets que nous arrachions.

Et cette année : rien ! Rien n’a repoussé ! Nous venons enfin de nous en débarrasser !

Qu’à cela ne tienne, j’ai repéré un « raisin d’Amérique » une autre invasive à moins de 50 mètres de chez nous… Je l’attends de pied ferme celui-là s’il lui prend l’envie de venir germer au jardin.


 nous avons pris peu de photos des ailantes car nous ne les aimions pas
j'ai marqué les plus grands d'une flèche

voila tout ce qu'il reste maintenant des ailantes :
une grosse bille de bois


et un tas de bois...

samedi 15 août 2015

La prairie





la prairie au mois d'avril avec les coucous en fleur
Il y a un endroit dans lequel nous n’intervenons quasiment pas au jardin, c’est la prairie.

Tout a commencé lorsqu’à notre arrivée nous nous sommes posés la question de l’engin que nous allions utiliser pour tondre car nous avons environ 2500 m2 de surface enherbée, on ne peut vraiment pas appeler ça une pelouse. 

mai, l'herbe a poussé; les allées se dessinent nettement
Nous ne souhaitions pas acheter de tracteur-tondeuse, trop cher et trop fragile. Nous avons opté à la place pour une simple tondeuse équipée d’un kit mulching pour ne pas avoir à ramasser de panier d’herbe. 

Mais 2500 m2 ça prend du temps d’autant plus au printemps où cette corvée revient chaque semaine.

Nous avons donc décidé de laisser pousser l’herbe sur une partie du terrain tout en créant des chemins à la tondeuse pour pouvoir nous y promener.

juillet, l'herbe est désséchée, nous laissons
les fleurs monter en graine puis nous faucherons
Autour de la maison, cour, potager et abords immédiats restent impeccables et sont donc tondus très régulièrement. Puis au fur et à mesure qu’on s’éloigne, l’aspect est moins soigné et prend un côté plus naturel. 

Nous appelons cet endroit la prairie. 

Nous en avons une vue directe depuis la fenêtre de notre cuisine.





avril : les coucous et les violettes
Son aspect évolue au fil des saisons : au début du printemps ce sont les violettes, les pâquerettes et les coucous qui fleurissent dans l’herbe encore rase. 

Puis les orchidées,  les raiponces, les scabieuses et les achillées millefeuilles en début d’été ainsi que de nombreuses ombellifères qui ponctuent le nuage mouvant des graminées…


muscari comosum
orchis bouc (himantoglossum hircinum)

orobranche du trèfle : une plante vivace herbacée parasite (du trèfle)
sans chlorophylle

campanule raiponce
scabieuse (vivace sauvage couleur mauve), ombéllifères blanches et séneçons (jaunes)

les graminées sauvages et dorées peuvent parfois être décoratives

centaurée


Au mois d’août nous la fauchons et l’espace s’ouvre de nouveau.

La beauté de la prairie dépend de la météo, s’il pleut trop l’herbe pousse et se couche ce qui n’est pas toujours très esthétique.

Bien sûr il est difficile pour une planteuse compulsive telle que moi de ne pas intervenir... 

Alors là où l’herbe est trop présente, je rajoute quelques vivaces qui doivent survivre en milieu hostile.

Dans ces conditions ce sont les centaurées Montana qui s’en sortent le mieux et qui nous offre une jolie floraison en avril mai.

Il y a juste une chose qui me chagrine dans cette prairie, je la voudrais fleurie de marguerites sauvages et je n’en ai hélas pas une seule.
Même celles que je plante crèvent. Tout porte à croire que mon beau-père, avec sa connaissance intuitive et empirique d’ancien paysan, a raison lorsqu’il me dit que je n’ai pas une terre à marguerite.

Il est parfois utile de ne rien faire, la prairie est le lieu des fleurs vagabondes et des myriades d’insectes, notre petit coin préservé de biodiversité.



il n'y a pas que des petites bêtes qui se promènent dans la prairie...

samedi 8 août 2015

Pyrale du buis : encore un envahisseur !

Pyrale du buis capturée et posée sur une pierre (avant élimination)

Ça faisait plusieurs jours qu’un de mes buis me causait du souci.

Il me semblait différent, car deux branches sur le dessus étaient blanches, sèches et décolorées.

le buis infecté, d'extérieur seules quelques branches blanchies....
Je l’avais observée attentivement mais en vain. Il  y a deux ou trois jours j’ai recommencé l’inspection et là à l’intérieur il y avait comme des crottes vertes et puis tout à coup je les ai vues. Trois chenilles gloutonnes en train de boulotter tranquillement !

Je les ai prises en photos pour pouvoir les identifier, je suis allée chercher mes gants de jardin, on ne sait jamais, je les ai ramassées et écrasées sans état d’âme.

Ce sont les déjections des chenilles que j'ai aperçues en premier



la voila la vilaine !


















Je suis allée voir sur internet, histoire de confirmer ce que je pensais.

Pas de doute possible : tête noire et corps vert clair, strié longitudinalement de vert foncé avec des taches noires et de longs poils blancs isolés ; il s’agit bien de « Cydalima perspectalis » autrement dit la pyrale du buis.
Je savais cette espèce envahissante présente sur Orléans depuis plus de deux ans, mais jusque-là je me pensais à l’abri.


Ce sont les chenilles voraces de ce papillon de nuit qui dévorent de manière spécifique les buis en commençant par l’intérieur d’où la difficulté de les repérer tôt. Comme il s’agit d’un papillon nocturne et que nous vivons en pleine campagne, sans éclairage public je me suis dit qu’il y avait peu de chance que les papillons soient attirés chez nous et qu’au cas où il y en aurait un qui y parviendrait il serait aussitôt mangé par une des nombreuses chauves-souris que nous voyons voler le soir. Erreur, ils ont pondu dans le buis qui est éclairé la nuit par la grande fenêtre du salon et pour laquelle nous ne fermons pas les volets…

Pour me rendre compte de l’étendue de l’invasion j’ai donc observé chacun de mes buis. Je n’en ai finalement trouvé que sur un seul.

Puisqu’il s’agit seulement d’un début de colonisation et qu’il semblerait que j’ai occis les premiers envahisseurs, un traitement à l’insecticide bio ne me semble pas nécessaire. Par contre je vais aller acheter un piège à  phéromones car ces papillons peuvent produire deux ou trois générations par an et la période de ponte se situe de mi-mars à octobre. La dernière génération hiberne à l’intérieur des buis et éclos au printemps suivant.

Dernière précision, un des rares prédateurs des chenilles de la pyrale du buis est… le frelon asiatique !!! Quelle ironie !!



lundi 3 août 2015

Rétrospective juillet



Juillet est habituellement un mois un peu « creux » au jardin après l’apothéose du mois de juin et ses floraisons tout azimut. 

Cette année' il l’est encore plus. 

Car les vivaces et les arbustes las de la sécheresse et de la canicule ont préféré se concentrer sur l’essentiel : survivre… Les hortensias ont pris tant bien que  mal le relai des rosiers : un sur deux fleurit, pour les autres les fleurs ont soit avortées soit grillées.



Pas de vue d’ensemble, donc, simplement quelques photos glanées au gré de nos promenades au jardin.






la gamme des bleus :




En conclusion pas toujours facile d'être une abeille : après les frelons asiatiques (voir article sur le frelon asiatique) en voilà une autre qui succombe au baiser mortel d'une araignée crabe.