samedi 31 octobre 2015

Rétrospective octobre


Encore un beau mois au jardin des Mille Temps, riche de généreuses floraisons. Les rosiers ont continué la remontée commencée fin août et les massifs se sont habillés de belles couleurs. Alors que novembre pointe son nez, certains rosiers sont toujours couverts de boutons, promesse de floraisons à venir s’il ne fait pas trop froid.

Parfum d'Orléans

Molineux

Rosa moschata autumnalis

Marie Pavie
Lonette Chenault détail

Lonette Chenault

Jean Mermoz
Louise Pernot
Mme Arthur Robichon


Minerva


Mme Solvay


Les asters se sont enfin réveillés et nous ont offert une splendide floraison. Pourtant, les touffes sont petites et leur nombre restreint. Ils sont jeunes et ont beaucoup soufferts de la sécheresse et de la canicule de ce début d’été. Malgré cela leurs tâches de couleur ont accroché notre regard. Ils vont bientôt laisser place aux chrysanthèmes.







Pour terminer, octobre aura été le mois du réveil du massif des abeilles. Depuis le début du printemps, j’attendais en vain qu’il nous éblouisse. Avec l’automne, il se révèle enfin, beau et simple. Ligustrum « lemon and lime » et asters ont entamé une valse qui a durée près de deux mois. Cette association de couleur jaune et bleu me ravit, c’est d’ailleurs le thème chromatique de ce massif, jaune-bleu avec de petites touches de rouge et de pourpre. J’ai cherché des plantes dans ces coloris que ce soit au niveau de la fleur, du feuillage ou encore des écorces.
J’espère vous le montrer un peu plus dans le futur. Créé depuis bientôt quatre ans, il commence tout juste à présenter un intérêt car la croissance des plantes est freinée par les grands érables tout proche. Il lui faut donc plus de temps pour atteindre sa plénitude.






L’automne est bien là, avec ses beaux jours aux matins brumeux, la nature a commencé depuis quelques semaines à s’enflammer et à s’empourprer mais chut… Je vous en parlerai bientôt…



dimanche 25 octobre 2015

La bouture à l’étouffée

aster "Constance" bouturé au printemps 2014

branche de sureau sélectionnée

Pour multiplier rapidement les plantes que j’aime, j’utilise depuis deux ans, avec bonheur la technique du bouturage à l’étouffée. Elle donne de très bons résultats car elle permet aux boutures de s’enraciner très vite, en seulement quelques semaines. C’est beaucoup plus rapide qu’avec les buis pour lesquels je dois attendre deux années pour les transplanter au jardin. Les plants issus de boutures à l’étouffée peuvent être replantées au bout de six mois seulement ou même moins.

la même branche prête à être bouturée

Pour cela, je remplis des pots de terreau que je sature d’eau. Je laisse la terre s’égoutter, puis j’y enfonce de petits bouts de tiges qui ne doivent pas être trop tendres, sinon elles moisissent ; ni trop dures, car sur les branches  trop âgées la reprise est plus difficile. Des branches ou tiges de l’année qui commencent à se rigidifier et dont on supprime la partie terminale plus tendre, sont idéales.  C’est ce qu’on appelle pour les arbres, les rosiers ou les arbustes du bois « aoûté ».

les boutures dans leurs pots coiffés du sac plastique
Généralement, je prélève des morceaux  d’environ 15 centimètres de long en commençant juste sous un départ de feuille. 
J’ôte les feuilles à leur base sauf sur la dernière pour laquelle je conserve un petit bout de feuillage. J’enfonce ces tiges dépouillées dans le pot de terreau.
Certains font des pré-trous avec un crayon, moi je ne le fais pas et ça fonctionne quand même.

Enfin avec un sac congélation je recouvre entièrement mes futures plantes.

Je laisse mes pots avec mes boutures dans mon coin pépinière situé au nord, lumineux mais sans soleil direct. Privées d’air les boutures émettent rapidement leurs racines.

Deux ou trois semaines après on enlève les sacs… et le tour est joué…

bouture d'une autre variété de sureau 3 semaines
après, de nouvelles pousses sont apparues
Je bouture les asters, les penstemons et les chrysanthèmes au printemps. Cet automne, j’ai également bouturé des sureaux ornementaux, des sauges et des hortensias.


Même si c’est un peu tôt pour parler de réussite, de petites pousses sont apparues signe que pour l’instant cela fonctionne.



Il faut veiller à ce que les boutures ne moisissent pas lorsqu’elles sont sous cette atmosphère confinée.

idem pour les boutures de sauges

Je n’ai pas rencontré pour l’instant ce problème car ma pépinière doit être idéalement située, pas de soleil direct et pas d’humidité au pied ; je n’ai donc pas besoin d’aérer mes boutures.


Reste à savoir si tous ces jolis petits bébés plantes supporteront le froid de l’hiver…

aster "Lady in black" bouturé au printemps  2014

vendredi 16 octobre 2015

Les abeilles et les fleurs d'automne


Les floraisons d’automne sont précieuses pour les abeilles. Le lierre, les asters et les sédums constituent ici au Jardin des Mille Temps les principales sources de nectar et de pollen pour nos chers hyménoptères qui doivent engranger un maximum de provisions en vue de l’hiver qui s’approche à grand pas.

les abeilles butinant les asters

Suivons-les donc, butinant dans le massif qui leur est dédié les jolis asters, puis, se rapprochant de la maison visitant les sédums.


sur un sédum



Les rosiers grimpants ont terminé leur floraison, laissant leur place au lierre et les après-midi ensoleillés la  façade s’anime. Tout ce qui bourdonne s’est donné rendez-vous : mouches, abeilles, papillons et frelons.



papillon vulcain

frelon asiatique


Bientôt les abeilles vont espacer leurs sorties, se recentrer dans la ruche, agglutinées à la reine, la protégeant du froid, ne sortant que lors des belles journées froides et sèches.

Et au printemps prochain lorsqu’elles émergeront de leur léthargie que trouveront-elles ? De nouveaux massifs ? De nouvelles plantations ? D’autres fleurs à butiner ? Sans aucun doute… Car aussi laborieuse que les abeilles, le froid ne m’arrête pas, bien au contraire. L’hiver est propice à la réflexion et à la création et j’ai encore plein d’idées à réaliser…

samedi 10 octobre 2015

Le bouturage des buis


Avec un grand jardin, l’achat de vivaces ou  de plantes en container peut vite se révéler très onéreux. Depuis quelques années, je multiplie les variétés que j’aime en les bouturant.

J’ai découvert le buis ici, au jardin. Il y avait cette belle haie basse qui courait le long de la maison et qui n’avait pas été taillée depuis des décennies. Comme je devais la rabattre, elle dépassait l’appui des fenêtres, je m’y suis pris sur deux années, coupant bien trente centimètres à l'arrière, puis l’année suivante, à l'avant.

Mais que faire de toutes ces branches coupées? ça me faisait mal au cœur de les jeter. J’ai rempli trois ou quatre jardinières de terre et je les ai bouturées. Et ça a fonctionné !

Depuis j’ai affiné ma technique, ou plutôt celle de mon beau-père :

étape 1 : une jardinière,
des branches de buis, un mélange de terre
et de terreau et un 1/2 arrosoir d'eau
Tout d’abord je procède plutôt à l’automne, j’ai de meilleurs résultats qu’au printemps.

J’utilise de petits bouts de branche d’environ 10 cm de longueur sur laquelle il y a une partie de bois blanc que je détache à la main de la branche principale.

Cette déchirure sera en contact avec la terre et de là sortiront les racines.

Plus cette surface est importante, meilleur sera l’enracinement, c’est pour cela que je n’utilise pas le sécateur.

Je prépare une jardinière dans laquelle je verse un mélange de terre de jardin (2/3) et de terreau (1/3).

Je sature en eau en versant environ 5 litre d’eau (1/2 arrosoir), puis j’attends que la terre se ressuie, c’est-à-dire qu’elle s’égoutte soit une demi-heure après au minimum.

J’y plante mes branches en les enfonçant jusqu’aux premières ramifications. Je place la jardinière à l’ombre en surveillant l’arrosage durant l’été.

les petites branches sont plantées
c'est terminé !
Deux années plus tard mes boutures peuvent être transplantées.

J’ai également essayé de bouturer directement en pleine terre mais le taux de réussite est bien moins bon, environ de 20%; alors qu’en jardinière il est plus proche de 90%.

Çà fonctionne moins bien du fait des oiseaux qui grattent la terre, du désherbage autour des boutures et du manque d’arrosage régulier.



en haut à gauche les boutures faites avec la méthode
de mon beau-père, très touffues; à droite l'autre
méthode : les buis sont pris mais tout petits 
J’ai également essayé une autre méthode trouvée dans un livre sur les buis qui se pratique avec des jeunes pousses de buis d’un an, car la méthode de mon beau-père nécessite d’avoir des buis adultes. Mais les boutures obtenues ont bien moins de force.

J’ai déjà planté plusieurs dizaines de mètres de bordures de buis issus majoritairement de boutures effectuées selon la méthode de mon beau-père. 




la différence de couleur entre les buis de bordure
et celle des topiaires
J’y trouve plusieurs avantages :

économique tout d’abord, mes boutures ne m’ont coûté qu’un peu de terreau;

esthétique ensuite car  une année j’avais acheté des buis topiaires et lorsque les feuilles ont débourrées je me suis rendue compte, horrifiée, que les jeunes feuilles n’avaient pas les mêmes nuances.
Les miennes avaient des teintes dorées alors que celles des topiaires achetées étaient bleutées.


J’ai dû arracher les topiaires et les replanter ailleurs...

buis agés de 3 ans


Le dernier avantage est sanitaire, mes buis ne sont pour l’instant pas touchés par les maladies cryptogamiques : Cylindrocladium buxicola et Volutella buxi, ces champignons causant le dépérissement et la mort des sujets atteints.

Je redoute en achetant des plantes infestées d’introduire ainsi le loup dans la bergerie.


J’ai déjà assez à faire avec la pyrale du buis qui est venue me visiter ce printemps.
voir l'article sur la pyrale du buis



le même endroit 4 ans plus tard :
la bordure s'est densifiée,
il faut juste être patient
Malheureusement comme les buis sont de plus en plus menacés, je cherche également à diversifier mon panel de plantes pour la réalisation des haies : charmilles, ifs, peut être ilex, fusains ou cotonéasters.

A suivre...

dimanche 4 octobre 2015

Rétrospective Septembre : en attendant l’automne…


En attendant l’automne de petites choses légères se promènent dans les airs, retenues un instant par les sanguisorbes fanées qui leurs murmurent : « dis… où vas-tu ? ». Juste le temps de reprendre son souffle elles poursuivent leur quête poussées par le vent.


En attendant l’automne, les hirondelles aussi sont parties vers des cieux plus cléments. Celles qui restent au jardin figées sur leur piquet regardent les rosiers refleurir dans la douce lumière dorée.


Tiens ! voilà « Amédée Langlois » et « Denise Cassegrain » qui ne s’étaient pas fait tirer le portrait au printemps et qui posent maintenant devant l’objectif. 

Amédé Langlois
Denise Cassegrain
Dans la cour "devant", les rosiers ont fleuri par vagues successives depuis fin août jouant sans relâche leur spectacle, merci les polyanthas orléanais…

Mme Arhtur Robichon

Jean Mermoz

Plus loin, en attendant l’automne, le massif "des abeilles" commence enfin à capter nos regards. J’étais assez déçue que toutes les vivaces plantées au printemps ne fleurissent pas, mais le massif à l’ombre des grands érables est très sec. Elles se rattrapent maintenant. Les asters « Little carlow » et « Constance » ont entamé  un  joli ballet avec le ligustrum « lemon & lime ».
Aster "little carlow"

massif des abeilles les bleus et les dorés ont repris un peu d'éclat

caryoptéris "worchester gold" et "heavenly blue" devant le lisgustrum "lemon & lime"

rosa rubrifolia er ses cynorrhodons

solidago rugosa

En attendant l’automne les matins sont si beaux qu’ils nous font oublier la chaleur de l’été.



En attendant l’automne, je me demande : « Aurons-nous des couleurs flamboyantes bientôt ? Des ors, des pourpres, des mordorés ? Le bouquet final avant le trop long hiver ? »