mercredi 30 décembre 2015

Un an ensemble

"Melencolia I"

Voilà un an que tout a commencé, ce blog...

Emportée par cet amour du jardin, chez moi la passion est toujours totale et dévastatrice, m’engloutissant corps et biens, corps et âme si on veut être juste comme le ressac incessant des vagues.

Un peu comme un naufragé jette une bouteille à la mer, en espérant sans trop y croire qu’elle atteigne le rivage et que quelqu’un la trouve, l’envie impérieuse de partager avec le monde entier. 
Ma famille, mon cercle d’amis et mes collègues ne me suffisaient plus.

"Emergence"
D’où l’idée de ce blog. Une bouée de sauvetage en quelque sorte.

En peu de temps il a pris une place importante dans mon existence. Il faut dire qu’il a permis de retrouver un plaisir oublié depuis une dizaine d’années : l’écriture. Prochainement j’y joindrai également  le dessin ; autre vieux compagnon laissé lui aussi sur le bord du chemin.

"Espérance"

Je n’imaginais pas dans cette aventure que je croyais très personnelle, embarquer avec moi tant de monde.

"Luxuriance I"

Tout d’abord, Gilles, mon mari qui réalise presque toutes les photos que je publie. Je le savais doué de sensibilité, j’ignorais qu’il puisse être capable de poésie.
Certains de ses clichés sont des poèmes, révélant le beau là où je ne voyais rien. Contrairement à moi, les fleurs ne l’intéressent pas, de cette distance, naissent chaque fois des prises de vues superbes, qui m’étonnent et m’inspirent.
Quelques unes de mes publications sont directement issues d’un de ses clichés. 

"Luxuriance II"

Mon frère Nicolas, ensuite. L’artiste, le seul, le vrai qui a créé pour nous ce dessin qui nous correspond en tous points. 

A ma mère, la correctrice de chacun de mes textes.

A mes deux filles qui ont adopté ce blog tout naturellement : « Dis Maman quand est-ce qu’on fait visiter le jardin en vrai? »

A mes amies qui y ont cru bien avant que moi j’y crois.

"Flamboyance I"

J’ai beaucoup appris en un an, d’abord que je n’étais pas seule et qu’ensuite ce monde virtuel que je croyais froid et vide est en fait partage et échanges.

Merci de tout cœur à Bénédicte: Le jardin de Béné, Sophie : Notre jardin secret et Maryse Au gré du jardin d’avoir grandement contribué par leurs articles à la diffusion de ce blog.

"Flamboyance II"
Merci sincèrement à tous les blogs qui ont mis le jardin des Mille temps dans leurs liens. (J'espère avoir mentionné tout le monde, si ce n'est pas le cas veuillez m'en excuser).

Merci à vous qui me lisez, de me suivre dans mes voyages immobiles.

Les commentaires que vous me laissez me touchent, me portent, me font avancer.

"Dormance"

Je vous souhaite une très bonne année 2016 pleine de joie et de bonheur. 
Que la vie et le monde qui va parfois si mal vous épargnent vous et vos proches.

"Melencolia II"



dimanche 20 décembre 2015

Aménagement de la cour, épisode 1 : le plan


La cour telle qu’elle est actuellement est le résultat d’un long travail mené pendant presque cinq années car en concevoir la disposition s’est avéré pour moi très laborieux.
Les livres de jardin si utiles dans le choix des plantes et les conseils de plantations se sont révélés muets sur le sujet et n’ont pas permis de donner des réponses aux questions que je me posais :

Comment animer un espace et articuler entre eux les différents massifs ?

Quelle forme leur donner ?

Planter des rosiers et des vivaces suffit-il à créer une identité à un lieu ?

La cour à notre arrivée en décembre 2008
Depuis le début de notre histoire avec cet endroit, la cour  me fascine. 
La beauté qu'elle dégage, maison et grange sont superbes, m’ont donné l’envie d’y raconter une histoire. 
Celle d’une vieille dame qui évoquerait les années folles de sa jeunesse et sa beauté passée avec un brin de légèreté et de malice. 
Madame Bonnefamille dans les Aristochats en quelque sorte…

Mais comment faire ? 
Comment traduire cette envie ?

Le but de cet article est de vous faire partager mon cheminement.

état des lieux à notre arrivée en décembre 2008
Les trois premières années, j’ai installé mes premiers massifs, le long de la grange et de la palissade en bois. Ensuite j’en ai créé un autre plus étroit sur un des côtés du mur de clôture. Et puis je me suis arrêtée, complètement insatisfaite du résultat.


Tout cela n’apportait rien. J’avais simplement redessiné un rectangle dans une cour rectangulaire et diminué les bords de ma cour, rien de plus. Sans compter qu’on embrassait du regard la totalité du lieu qui semblait toujours aussi vide. On ne faisait qu’y passer. Deux longues années d’attente s’écoulèrent.

la cour, un espace toujours aussi vide malgré la création du massif le long de la grange...
...et de celui contre la palissade
J’ai donc tout repris depuis le début. Nous avons mesuré la cour avec Gilles, dessiné un plan et reporté dessus les arbres existants et les éléments pérennes comme la maison, la grange, les grilles et la palissade.
Puis je me suis demandé quels espaces devaient rester vierges de tout massif et quelles étaient les circulations à conserver. Il m’est apparu que l’espace devant la porte de grange devait rester dégagé. Il nous fallait passer du portail à la grange, puis de la grange au passage débouchant sur l’espace à l’arrière de la maison et également de la porte de la cuisine au portail. Tout le reste pouvait potentiellement être planté.
2011 : après la création des massifs périphériques insuffisants à remplir la cour,
base de travail pour une nouvelle réflexion

J’ai essayé de donner à mes massifs des dimensions proches des bâtis existants pour qu’ils paraissent s’intégrer naturellement au lieu. J’ai par exemple créé un immense massif rectangulaire qui s’étire presque tout le long de la façade. Comme j’avais envie que l’on puisse se promener, je l’ai décalé d’environ un mètre pour créer une allée entre la maison et celui-ci. Pour éviter qu’il ne paraisse trop grand, nous avons décidé de le découper en créant en son centre deux passages délimitant un petit massif losange face à la fenêtre et au banc de pierre.

la contre-allée derrière le grand massif, une invitation à la promenade

vue de l'autre coté, on aperçoit la porte de la cuisine et au premier plan le massif de la lasagne
De même nous avons doublé le massif de la palissade d’un second massif, marquant de manière forte l’espace près de la porte de la cuisine et dessinant un chemin pour s’y rendre. De cette porte, il cadre la vue sur la table de pierre. De la cour, il donnera à terme une impression de profondeur.

le massif de la palissade séparé par une contre-allée du massif de la lasagne


les bouleaux à notre arrivée en 2009

 vue de la cuisisne en 2012 avec la table de pierre
2015 la vue est cadrée sur le massif de la table 
De la visite d’un très beau jardin en Belgique, j’avais gardé le souvenir de deux cercles, l’un vide et l’autre plein. De part et d’autre du portail, j’ai souhaité reproduire ces courbes symétriques sans pour autant être semblables. J’ai donc dessiné un premier cercle dans lequel les deux bouleaux déjà présents sont venus s’inscrire, c’est le cercle vide. Ses contours se devinent ; minéral, son centre est occupé par une table ronde en pierre.
le début du massif du cercle vide

la table de pierre entourée par le massif dessiné en creux
Il sera complété par un marquage au sol pour achever de le refermer. Le second cercle de l’autre côté du portail sera plein, entouré de haies basses et rempli de plantes.

Le plan final : en partie haute le cercle vide à gauche et le plein à droite,
coté gauche, le massif de la palissade doublé du massif de la lasagne
le long de la maison, le grand massif et sur la droite le massif de la grange.
au centre, le massif de liaison. Le cercle devant la porte de grange sera dessiné par des pas japonais
Les voies de circulation matérialisées en rose sont respectées.

Récemment Gilles, m’a fait remarquer qu’il manquait un dernier massif ; un qui nous servirait de trait d’union entre les courbes et les traits. Nous avons donc créé, sur le papier pour l’instant, un massif de forme bizarre, rectangulaire au fond et en arrondi rentrant devant.


Face à la grange et au portail l’espace reste donc dégagé, les massifs emplissent le reste de la cour, laissant visible des allées pour la circulation. Les contre-allées derrière les massifs et le long de la maison invitent à la promenade. Le schéma combinant les droites et les courbes est dynamique, les massifs rectangulaires traditionnels rappellent la maison, la modernité est apportée par les courbes.

Un signe qui ne trompe pas : depuis que nous avons commencé cet aménagement nous vivons dans cet espace alors qu’avant nous nous tenions de l’autre côté de la maison.


samedi 12 décembre 2015

La magie des chrysanthèmes


Voilà que depuis quelques semaines l’hiver s’est installé,  doux et humide. Les grands froids se font attendre. Les dernières feuilles se détachent peu à peu. Le jardin entre progressivement en léthargie.
Les ultimes floraisons s’étiolent, s’achèvent.

Seuls les chrysanthèmes jouent encore pour quelques temps les prolongations. C’est une vraie découverte, une merveilleuse trouvaille, ces vivaces. Pourtant rien de très nouveau ni de très original, il ne m’était pas venu à l’esprit qu’elles pouvaient être aussi belles, ces fleurs de cimetière.

D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours aimé leur odeur douceâtre et leurs coloris chatoyants. J’ai toujours adoré  fleurir les tombes de mes chers aïeuls avec, mais jusque-là elles n’étaient pas entrées dans notre jardin.

Au printemps, sur une fête des plantes, je me suis laissée tenter par des boutures hautes comme 3 pommes, pour voir. Je pensais ces plantes fragiles, alors qu’elles ont bien résistées à la canicule malgré mes arrosages aléatoires. J’ai aussi oublié de les pincer alors elles ont eu une allure de guingois cet automne.

Et pourtant quelle beauté !  Un gros coup de cœur pour ces chrysanthèmes à fleurs simples dont la sublime floraison a accompagné les dernières roses. Les photos ont été prises il y a deux ou trois semaines lorsqu’ils étaient à leur apogée.

L’année prochaine, c’est sûr j’en achèterai d’autres, je les pincerai, je les multiplierai et j’en mettrai partout dans mes massifs…




de gauche à droite et de haut en bas : "Crémon Rose", "Crémon blanc", "L'Abraysien"
"Paulette Andrée Lemaire", "Charme Rock" et "Laurine"

samedi 5 décembre 2015

Culture en lasagne : année 2

Le potager avec la lasagne dans le carré du fonds à droite.

Cette année j’ai continué d’expérimenter la technique de la culture en lasagne.

montage de la lasagne début mai : on voit bien les différentes couches
J’en ai créé une nouvelle dans mon potager pour les choux et les tomates, d’une dimension de 1,5 mètre de large pour 5 de long.
L’année dernière j’avais trouvé le coût du terreau trop important. Cette fois j’ai décidé de le remplacer partiellement par de la terre de jardin.

Mi-mai, la lasagne entièrement plantée.
Choux et tomates accompagnés de salades et de betteraves
Au mois d’avril, j’ai décaissé sur une profondeur d’environ trente centimètres. 
J’ai ensuite  procédé de la même façon que l’année dernière : une couche de carton au sol, puis du fumier de cheval et ensuite en alternance des couches bien humides provenant des premières tontes de pelouse et de feuilles. 
J’y ai également incorporé  les cendres du poêle à bois que nous utilisons l’hiver. 
Pour terminer, j’ai mélangé 2/3 de la terre, à 1/3 de terreau avec un peu de compost. 
Cette opération s’est révélée longue, fastidieuse et pénible car j’ai dû manipuler de nouveau la terre de jardin, bien la désherber avant de la mélanger au terreau et de la rajouter sur la lasagne. 

Après j’ai pu pailler, planter et saturer en eau.

Les mois de juin et juillet ont été marqués par la canicule et la sécheresse, faute de temps et d’eau j’ai abandonné l’arrosage du reste du potager.
La lasagne a bien supporté la chaleur. 
fin juin 2015, les choux et tomates ont bien poussé. 
Je ne l’ai arrosée qu’à partir de mi-juin et au maximum deux fois par semaine alors que les températures montaient à 45°C. 
Les tomates et les choux ont souffert de mes arrosages parcimonieux. 
Ils ont survécus mais les choux sont restés petits et les tomates  ont eu du mal à grossir.
Nous avions planté une haie entière cet hiver ainsi que de nombreux arbres fruitiers, ils ont été notre priorité.

mi-juillet en pleine canicule et sécheresse, la lasagne résiste
mais les légumes ne poussent plus
Bilan au final plutôt positif pour une seconde année d’expérimentation avec des températures et un climat à l’opposé de celui de l’an passé. 

Qu’il fasse chaud et sec ou froid et humide la culture en lasagne permet donc d’améliorer de manière non  négligeable le rendement au potager.

L’année prochaine j’essaierai d’installer un tunnel sur la lasagne pour accélérer le processus en début de printemps.







mi-aout enfin les premières tomates

La lasagne en décembre, entièrement
récoltée

La lasagne réalisée l’an dernier dans la cour devant et plantée de rosiers cet hiver s’est également bien comportée.
Consulter l'article qui lui était consacré l'année dernière :
http://jardindesmilletemps.blogspot.fr/2015/01/retour-dexperience-la-culture-en-lasagne.html

le massif au premier plan est celui réalisé sur la lasagne de l'année dernière

"Orléans Rose" planté à l'emplacement le plus difficile,
 très près d'un des deux bouleaux.
C'est un rosier sélectionné pour sa robustesse.
Les rosiers n’ont pas souffert de la canicule. J’ai arrosé un peu plus ce massif-là, cinq ou six arrosages au cours de l’été. 
Rappelons que l’emplacement au départ était fait de remblai avec  une couche de 20 centimètres de mauvaise terre et à proximité de deux grands bouleaux. 
Une de mes craintes était que le massif ne dessèche en été et que les plantes manquent rapidement d’eau du fait de la légèreté du substrat et des racines des arbres. 
"Lonette Chenault" en fleurs au mois de juin.
J’avais donc incorporé un peu de terre du potager avant plantation des rosiers et couvert le sol de cartons avec un épais paillage de chanvre.


En conclusion je vais donc continuer d’utiliser cette technique  pour créer de nouveaux massifs car c’est un excellent moyen d’améliorer la qualité du sol sur des surfaces difficiles sans avoir à changer la terre et également au potager en rotation sur mes planches de culture pour les tomates et les choux.